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Titre
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Prendre repos par les paupières
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Créateur
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Sarah Boutin
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Date de création
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2025
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Langue
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Français
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Editeur
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Le Sabord
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Résumé
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« Prendre repos par les paupières » relate des expériences d'hospitalité vécues dans différentes parties du monde et dans différents contextes dans le but de mieux comprendre comment se vit l'acte de prendre soin. L'œuvre se compose de deux volets, un premier intitulé « Entre chaque image fermons les yeux » et regroupant poèmes et images, et un second, « Entre chaque phrase fermons les yeux », qui rassemble six extraits audio.
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Description
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« J’investis différentes formes d’accompagnement bienfaisant que les humain·e·s se prodiguent entre elles et eux, et prodiguent au monde. Je me demande quelles actions concrètes on met en œuvre pour prendre soin d’un être, d’une chose, d’un environnement, et quels sont les mouvements intérieurs préalables – empathie, communication, communion – qui en sont à l’origine.
Pendant plus d’un an, chez moi comme à l’étranger, je recense des moments de partage informels – lorsque je suis reçue chez une amie ou lorsque je suis hébergée chez des femmes avec lesquelles j’effectue des tâches quotidiennes qui favorisent la proximité – et des lieux qui sont faits pour offrir du repos – les maisons de répit tenues par les religieuses.
Une personne – une hôtesse, sa sœur, une religieuse, une collègue qui, dans l’espace intime, deviennent rapidement des amies – m’ouvre la porte de sa maison, de son jardin. Avec elle, je cueille ce que nous allons préparer pour le repas du soir, la pénombre enveloppe la table bien mise, les bruits d’insectes prennent part à nos conversations. En acceptant d’être reçue, je revendique que nos corps ont besoin d’espaces pour se rencontrer, pour se déposer, pour se détendre. J’émets l’hypothèse que l’hospitalité favorise l’humilité et accroît notre capacité à vivre ensemble. "Entre chaque image fermons les yeux" est un agencement d’images photographiques et de poèmes qui en garde la trace.
Présentée sous forme sonore, "Entre chaque phrase fermons les yeux" est une compilation d’entretiens avec des intervenantes – une religieuse, une éditrice, une psychologue, une psychiatre – dont la quête ou le métier est d’accompagner. Ces femmes que j’ai questionnées se passent de prédispositions d’affinités, mais leurs pratiques d’accompagnement constituent une sorte de connivence. En présence l’une de l’autre, leurs interventions par échos se répondent, s’éclairent, se renchérissent, se nourrissent.
Le désir de mettre en relation ces pratiques prend racine dans un séjour au couvent des Sœurs de la Charité de Québec, où j’ai été accueillie à la suite du décès de ma grand-mère par sœur Jacqueline, son amie d’enfance. Cumulativement, ce sont les expériences de la mort, de l’esseulement induit par le deuil, et de la pratique de l’écriture que je lui ai dédiée qui m’ont fait prendre conscience, existentiellement, de la fragilité de nos corps. J’ai compris la nécessité de se doter d’espaces pour prendre soin de la vulnérabilité intrinsèque à notre humanité. L’accueil que m’ont fait les religieuses m’a donné à sentir que d’apprivoiser la mort, d’incarner sereinement le deuil ou de pouvoir écrire avec transparence ne se fait pas en solitaire. En bref, l’accompagnement est essentiel pour (se) soigner.
Pour respecter l’esprit de collaboration que j’ai rencontré, j’ai élargi mes réflexions personnelles et les ai nourries par le dialogue. Par ce projet audio, je souhaite que nous nous demandions ensemble : aujourd’hui, quels sont les espaces qui promettent de nous secourir et de nous soutenir ? Qu’est-ce que le couvent contemporain ?
J’espère que cette mise en commun inspirera des manières d’accueillir les phénomènes de la vie intérieure – dont le deuil ou l’élan créateur sont des exemples – de sorte que nous puissions les approcher avec sagesse et les apprivoiser. Il me ferait grand plaisir que ce projet suscite des conversations sur les qualités régénérantes et les aspects bienfaiteurs offerts par les liens aux autres (le voisinage, les ami·e·s, etc.), mais aussi à la culture (les œuvres d’art, les festivals, etc.) et à la nature (le jardin, les terres agricoles, le bord de l’eau, etc.). »
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« Prendre repos par les paupières », Le Sabord (espace créatif), 2025, [site web].
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Cette œuvre, colligée dans un document Canva, rappelle l'esthétique du scrapbook avec ses pages où coexistent des poèmes et des photographies qui montrent des bribes de l'hospitalité reçue par l'autrice.
Inscrite dans une seule grande page web, l'œuvre juxtapose des pages de différentes grosseurs sur quelques longues rangées horizontales. Les « Procédés de navigation » qui introduisent chacune des sections nous invitent à faire défiler l'œuvre en suivant nos désirs, et les différents formats des pages nous obligent à jouer avec le zoom de la page web.
La section « Entre chaque image fermons les yeux » est située au-dessus d' «Entre chaque phrase fermons les yeux », une section plus brève où six enregistrements audio sont activés en cliquant sur chacune des six images les représentant.
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Mention de genre autodéclarée : hospitalités ; carnets numériques et sonores
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Notes sur les modalités procédurales
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Il est possible de faire défiler la page selon tous les angles possibles.
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Thèmes
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Hospitalité
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Care
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Soin
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Relations d'aide
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Amitiés féminines
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Extraits de l'œuvre
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« Une personne m'ouvre la porte de sa maison, de son jardin, avec elle, je cueille ce que nous allons préparer pour partager le repas du soir. La pénombre enveloppe la table bien mise, les bruits d'insectes prennent part à nos conversations, nous nous couchons. Mon corps dans les paysages domestiques réinvestit le banal et le quotidien. Un agencement d'images et de poèmes en garde la trace. »
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« Je m'entretiens avec des intervenantes qui se passent de prédispositions d'affinités, mais dont les pratiques d'accompagnement constituent une sorte de connivence. En présence les unes des autres, leurs interventions par échos se répondent, s'éclairent, se renchérissent, se nourrissent. En acceptant d'être reçue, je revendique que nos corps ont besoin d'espaces pour se rencontrer, pour se déposer, pour se détendre. J'émets l'hypothèse que l'hospitalité favorise l'humilité et accroît notre capacité à vivre ensemble. »
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Personne ayant créé la fiche
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Laurence Richard